Origine Montagne en 10 questions

1. Quels types d’élevage de porcins adhèrent à « Origine Montagne ?
  • L’élevage moyen « Origine Montagne » livre 30 porcs par semaine. Il est le plus souvent associé à un troupeau de vaches. Ce sont le plus souvent des élevages conventionnels.
  • Les élevages « Origine Montagne » sont de petits élevages lorsqu’on les compare par exemple avec la taille moyenne des élevages bretons, du nord de l’Europe, ou du nord de l’Espagne.
  • En France l’élevage de porc plein-air et/ou bio représente seulement un peu plus 1 % des effectifs. L’élevage « Origine Montagne » correspond donc au modèle français familial traditionnel.
2. Pourquoi les cochons sont-ils élevés à l’intérieur et peu souvent en plein air ?
  • Le cochon à la particularité, qu’il partage avec l’homme, de ne pas pouvoir lutter contre le froid par ses « propres moyens » ; il n’a ni pelage, ni plumes ! En l’absence de système thermorégulateur de l’animal, son élevage se passe à l’intérieur où il est possible de réguler la température (chauffage). C’est particulièrement important en montagne où le froid et la fraîcheur sévissent la plus grande partie de l’année.
  • En montagne, l’élevage est entouré d’une nombreuse faune sauvage et notamment de gros gibiers comme les sangliers. Pour protéger les cochons d’élevage des maladies transportées par leurs cousins sauvages, ou par d’autres animaux, l’élevage en bâtiment constitue une barrière sanitaire physique.
  • Mais il y a aussi des raisons économiques. Élevés en extérieur, ou en bâtiment avec accès à l’extérieur, les cochons mangent beaucoup plus pour lutter contre le froid. Et leur croissance est ralentie. L’élevage coûte donc bien plus cher. Cela exige des niveaux de prix de vente très difficilement atteignables.
3. Les animaux sont-ils attachés ?
  • Seules les truies qui allaitent leurs petits sont maintenues dans parcs individuels. Cela dure 28 jours, 2 fois par an. Cette technique a pour objectif d’éviter que la truie se couche sur ses petits et les étouffe, en délimitant un espace physiquement infranchissable par elle.
  • Tout le reste du temps les truies sont en troupeau.
  • Les porcelets et les porcs charcutiers sont toujours en groupe sans aucune attache.
4. Les cochons souffrent-ils d’être logés sur du béton ou du plastique? Pourquoi ne sont-ils pas obligatoirement sur paille ?
  • Contrairement à une idée reçue, les porcs sont des animaux très propres. Les sols constitués de caillebotis, c’est-à-dire de matière rigide trouée, éliminent les déjections des animaux qui vont dans des fosses de stockage. Ainsi, l’espace de vie des animaux reste assez propre. Les études scientifiques menées sur le sujet n’ont pas démontré que cela détériore le confort des animaux.
  • En montagne, en raison de la faiblesse des surfaces cultivées en céréales, il y a peu de paille disponible. Celle-ci coûte cher et de ce fait encourage plutôt des systèmes sans litière.
5. Que mangent les cochons « Origine Montagne » ?
  • Schématiquement, l’alimentation des porcs est constituée à 65 % de céréales (blé, orge, maïs, ect.) et 35 % de dérivés végétaux riches en protéines (tournesols, colza, soja, etc). Des produits comme le manioc, les dérivés de farines animales sont interdits.
  • En montagne, en raison à la fois de la proximité de zones de culture en plaine et de l’éloignement des grandes zones portuaires d’importation, les matières premières utilisées proviennent de France. Cela limite l’incorporation d’OGM puisqu’ils proviennent des importations.
  • Par ailleurs, pour fournir la filière « Origine Montagne », les animaux doivent avoir consommé obligatoirement 25 % minimum d’aliment venant de la montagne. Malgré la faiblesse des céréales disponibles en montagne, l’élevage de porc y est « lié au sol ».
6. L’élevage de porc en montagne est-ce dangereux pour l’environnement ?
  • La densité de cochons élevés en montagne est très faible. Seulement 3% des porcs français sur 16 % du territoire agricole français ! Cela représente moins de 1 cochon par hectare.
  • Les déjections des porcs sont épandues sur des surfaces importantes ce qui réduit la quantité par hectare.
  • 85% des surfaces agricoles sont des surfaces en herbe. Ainsi les déjections de cochons sont épandues sur des surfaces couvertes de végétaux ce qui fixe les nitrates dans le sol et les racines et limite le risque de pollution.
  • Grâce aux déjections des porcs, les agriculteurs achètent moins d’engrais minéraux, ce qui est bon pour la limitation des Gaz à Effet de Serre.
7. « Origine Montagne » est-ce vraiment bon pour l’économie locale ?
  • Grâce à l’élevage porcin, beaucoup de jeunes ont pu s’installer sur des petites exploitations agricoles sans s’agrandir. C’est une source d’emploi agricole.
  • La production porcine approvisionne de très nombreux abattoirs de montagne, qui sans cela devraient arrêter leur activité. Or, ce sont généralement ceux-là qui sont utilisés par les démarches de valorisation locale bovine ou ovine. C’est également vrai pour les fabricants d’aliment du bétail.
  • Les salaisonniers, qui sont très nombreux en montagne, peuvent s’approvisionner localement au lieu d’aller chercher la viande de porc dans les grandes régions productrices de l’Europe, toutes assez éloignées.
  • Notre filière participe à la localisation de l’économie dans les territoires.
8. Pourquoi les élevages « Origine Montagne » ne jouent pas la carte des circuits courts ?
  • A l’origine toutes les fermes de montagne élevaient leurs cochons pour la consommation de la maisonnée. Si la tradition ne s’est pas complètement perdue, depuis plusieurs décennies l’élevage moderne est destiné à l’alimentation des citadins.
  • Afin d’approvisionner l’artisanat et l’industrie de salaison, les élevages se sont développés à l’intérieur de filières organisées. Les éleveurs assurent l’élevage des animaux, ils sont ensuite regroupés par des coopératives qui les vendent aux abattoirs, ces derniers livrant les fabricants de charcuterie ou les boucher-charcutiers.
  • L’ambition d’ « Origine Montagne » est justement d’offrir des solutions à ce type d’élevages pour arriver à mieux valoriser les cochons, complémentaires des opportunités de vente directe ou des circuits courts.
9. Quel est l’impact des élevages « Origine Montagne » sur la qualité de la viande ?
  • L’élevage de montagne a conservé un fort attachement aux méthodes traditionnelles d’élevage où la relation entre l’homme et l’animal est très forte. C’est un univers de petits éleveurs. Cette attention à l’animal se retrouve aussi dans le soin apporté à l’élevage des porcs en montagne.
  • Le cahier des charges impose un poids minimum d’abattage de 80 kg de carcasse. Ce critère incite les éleveurs à produire des porcs plus lourds ce qui intéressent les transformateurs (jambonniers, bouchers). La viande est plus « mûre » et plus goûteuse grâce à la présence de gras interstitiel dans les muscles.
  • Selon les produits fabriqués, des critères spécifiques de tri sont imposés pour sélectionner les viandes de la meilleure qualité.
10. En quoi la viande de porcs « Origine Montagne » diffère d’une viande de porc standard ?
  • Aucune étude n’a pu déterminer une cause unique, pourtant les consommateurs expriment une préférence pour la viande de montagne ! Un panel consommateurs de 80 foyers (soit 240 personnes pendant 19 semaines) a mis en exergue que tous reconnaissaient une qualité de viande, un goût et une finesse très supérieure à ceux qu’ils avaient l’habitude de consommer. (ISARA 2009-2010)
  • A la fois la composition de l’alimentation avec une très forte proportion de céréales, un âge d’abattage plus élevé, des tailles d’élevage plus petites, des choix raciaux plus traditionnels, la qualité de l’eau d’abreuvement (?!), le soin des éleveurs et des abattoirs participent à une viande plus appréciée.
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